Présentation

André juillet est artisan ébéniste.

André Juillet expose annuellement à Expo Cité, au Salon des artisans de Québec, depuis l’inauguration de l’événement en 2005. Ses stylos, plumes et coffrets réunissent savoir-faire manuel, sensibilité artistique et esthétisme. Si on n’hésite pas à qualifier certains Mont-Blanc d’oeuvres d’art, qu’en est-il des stylos André Juillet qui ont parfois un côté historique, sont toujours originaux et uniques? Il travaille dans plus de 50 essences de bois, surtout des loupes, des ronces locales et exotiques, et même des bois de cervidés (ivoire québécois). Outre les bois, on retrouve dans les matériaux utilisés de la molaire, de la défense et des os de mammouths, de l’ivoire de narval, de morse, de l’oosik de Morse, de la corne de buffle, etc. avec, pour l’ivoire et la corne, une possibilité de « Scrimshaw » fait par Gaétan Beauchamp. Le bronze, l’acier damas « inox » font partie des métaux dans lesquels l’artiste-artisan travaille également. Si certains matériaux sont rares, d’autres sont inusités et ont souvent une valeur historique propre à Roberval, tels que: le clou de chemin de fer, la fonte des colonnes de la chapelle des Ursulines (1907-1909) et la brique du couvent, le banc d’église St-Jean de Brébeuf (1930-1931), etc. Parmi les artéfacts utilisés, on retrouve un canon d’un fusil français 1740, le bois du bateau vapeur le « Cécilia L. » (naufragé le 1er novembre 1912), le chêne blanc des Cageux du XIXe siècle et des pièces retirées des eaux du fleuve St-Laurent et du Lac St-Louis. Il n’y a rien qui soit inutilisable pour lui. Sa matière première est tantôt historique, tantôt locale et exotique. Ses coffrets et éléments d’écriture sont de petits bijoux. Ils sont fabriqués à partir de pièces de haute qualité (rhodium, titane or ou noir, placage or 22k pour les garnitures, argent sterling, cristal Swarovski, etc.). Ils ont plusieurs styles et ont une personnalité propre. Les coffrets en bois s’harmonisent avec le stylo ou la plume. André Juillet ne se sent pas un artisan, mais un artiste. Les gens qui entrent dans sa boutique du 500 boulevard de l’Anse, à Roberval, découvrent un univers fascinant qui dépasse de loin l’atelier d’un ébéniste. Est-il un artisan car il fabrique manuellement des stylos et des plumes dans un but utilitaire ? Est-il un artiste car il y a une démarche derrière son travail ? Le terme « artistan » qui combine les deux réalités s’impose dans le vocabulaire pour qualifier ces gens qui sont à la frontière du métier d’art et de la création artistique pure et simple.

Entre 1960 et 1980, André Juillet restaure et fabrique des meubles québécois. Il devient travailleur autonome dès 1980 et reste dans l’ébénisterie et la conception de meubles adaptés. Les stylos, plumes et porte-mines et les ensembles de coffrets n’arrivent qu’en 1999. Il multiplie dès lors les parutions sur les ondes de TVA, les parutions dans les médias locaux et régionaux… les expositions aussi, car l’artiste expose son travail comme des objets d’art, au même titre que des sculptures précieuses. Parmi ses grands acquéreurs corporatifs et gouvernementaux, plusieurs noms prestigieux: la Ville de Roberval, la Traversée du Lac St-Jean, la compagnie d’assurances La Capitale, RNC Média, Caisse populaire Desjardins Sieur-de-Roberval, Hydro-Québec, Club Lions, l’Assemblée nationale du Québec, etc. L’« artistan » a un rapport intime avec l’oeuvre façonnée. Il maîtrise l’histoire de sa propre réalisation qui, je vous l’assure, fera couler bien de l’encre dans les années à venir ! La beauté surprenante, la splendeur inattendue et la douce chaleur de l’oeuvre sont autant de qualificatifs qui peuvent être attribués à l’essence-même du travail de ce créateur-né.

Extrait de la revue d’art L’ArtZoomeur (Dossier: Au-delà des frontières), 2011